Comment choisir sa station électrique pour un van ou un camping-car
Un van équipé consomme 450 à 700 Wh par jour, et l'allume-cigare n'en rend que 100 par heure de route. La capacité à viser, le débit de recharge réel de chaque source, et le poids qu'il faut arrimer.
Un van équipé d’un réfrigérateur à compression, de quelques plafonniers LED, d’une pompe à eau et d’un ordinateur consomme entre 450 et 700 Wh par jour. Comptez donc 1 000 Wh de station pour deux nuits sans recharge, et 2 000 Wh au-delà de trois.
Le chiffre ne suffit pas. Il dit combien de temps vous tenez, pas comment vous remplissez la station une fois qu’elle est vide, et c’est là que les week-ends se distinguent des voyages de trois semaines. Sur l’allume-cigare, une station récupère environ 100 Wh par heure de route. Deux heures d’autoroute rendent donc un dixième d’une station de 2 000 Wh.
Étape 1 : comptez ce que votre van consomme en 24 heures
La méthode tient en une multiplication : les watts inscrits sur l’appareil, multipliés par les heures où il fonctionne réellement. Le résultat est en wattheures, l’unité dans laquelle les stations sont vendues.
Le réfrigérateur domine tout le reste. Un modèle à compression de van affiche 45 W, mais son compresseur ne tourne qu’un tiers du temps sous un climat tempéré : environ 360 Wh sur une journée. C’est déjà les deux tiers d’un bilan de van ordinaire.
| Appareil | Puissance | Temps par jour | Consommation |
|---|---|---|---|
| Réfrigérateur à compression | 45 W | 8 h de compresseur | 360 Wh |
| Ordinateur portable | 60 W | 3 h | 180 Wh |
| Ventilateur de toit | 15 W | 5 h | 75 Wh |
| Plafonniers LED | 10 W | 4 h | 40 Wh |
| Deux téléphones | 12 Wh la charge | 2 charges | 24 Wh |
| Pompe à eau | 50 W | 20 min | 15 Wh |
| Total | 694 Wh |
À la fin de cette étape, vous avez un nombre. Gardez-le, tout le reste en découle.
Deux corrections à ne pas oublier. Par 35 °C, le compresseur du frigo tourne près de la moitié du temps et le poste passe de 360 à 500 Wh. Et un chauffage d’appoint électrique, une bouilloire ou une plaque à induction ne se comptent pas en heures : ils se comptent en minutes, mais chaque minute pèse lourd.
Étape 2 : transformez cette consommation en capacité à acheter
Multipliez d’abord votre bilan par le nombre de jours entre deux recharges. Puis corrigez du rendement, parce qu’une station ne restitue pas ce qu’elle affiche. Un banc de charge tire 890 Wh à la prise d’une Anker SOLIX C1000 Gen 2 annoncée pour 1 024 Wh, soit 87 %. EcoFlow calcule ses propres autonomies sur 435 Wh pour une RIVER 2 Max de 512 Wh, soit 85 %. Retenez 0,85. Le reste part dans l’onduleur, la régulation et le ventilateur.
Gardez enfin une marge. Descendre une batterie LiFePO4 à zéro à chaque sortie use les cycles plus vite que la garder entre 20 et 90 %.
Un bilan de 550 Wh par jour sur deux jours donne 1 100 Wh réellement consommés, soit 1 300 Wh d’étiquette. La DELTA 2 et ses 1 024 Wh passent tout juste, à condition de recharger un peu chaque jour ; sa batterie additionnelle la porte à 2 048 Wh le jour où le calcul ne passe plus.
Étape 3 : vérifiez la puissance avant de regarder le prix
La capacité décide de la durée. La puissance, elle, décide de ce qui démarre : une station de 2 000 Wh bridée à 600 W refusera votre bouilloire, et aucune capacité n’y changera rien.
Relevez l’appareil le plus gourmand du van. Une bouilloire de voyage demande 1 000 à 1 200 W, une plaque à induction 1 800 W en position haute, un sèche-cheveux 1 600 W. Un compresseur de frigo, lui, appelle brièvement trois à cinq fois sa puissance nominale au démarrage : c’est la puissance de crête de la station qui doit encaisser ce pic, pas sa puissance continue.
Méfiez-vous des chiffres mis en avant sur les emballages. Les 2 000 W affichés de l’AC70 sont ceux du mode Power Lifting, qui vaut pour une bouilloire et pas pour un moteur ; sa sortie continue reste à 1 000 W. Le X-Boost d’EcoFlow fonctionne sur le même principe. Sur une charge résistive, ces modes tiennent leurs promesses ; sur un compresseur ou une meuleuse, non.
Étape 4 : décidez maintenant comment vous rechargez en roulant
On achète une capacité, on vit avec un débit de recharge. Une station de 2 000 Wh qu’on ne remplit qu’à 100 W par heure de route reste une station vide le troisième jour.
| Source | Débit réel | 1 000 Wh remis en | Ce qu’elle demande |
|---|---|---|---|
| Allume-cigare 12 V | 100 W | 10 h de route | un câble XT60, 38 € |
| Chargeur d’alternateur | 800 W | 1 h 20 de route | un raccordement à la batterie de démarrage |
| Panneau portable 200 W | 120 à 140 W au soleil | une journée d’été | rien, il se pose au sol |
| Borne de camping 230 V | 1 000 à 1 200 W | 50 min à 1 h 15 | un câble et une prise P17 |
L’allume-cigare est la source la plus lente. Un fusible de 10 A sous 12 V plafonne à 120 W, un fusible de 15 A à 180 W, et les stations brident elles-mêmes leur entrée voiture autour de 8 A pour rester dans ces limites. EcoFlow vend d’ailleurs son chargeur d’alternateur en le donnant huit fois plus rapide que son propre câble allume-cigare, vendu 38 €.
Le chargeur d’alternateur se raccorde directement à la batterie de démarrage et monte à 800 W. Une station de 1 024 Wh se remplit alors en 1 h 20 de route, une station de 2 kWh en 2 h 36. Comptez une demi-journée d’atelier pour le câblage, et un boîtier qui ne se déplace plus d’un véhicule à l’autre.
Le panneau portable de 200 W délivre 120 à 140 W réels en plein soleil d’été, soit 600 à 700 Wh sur une journée où quelqu’un le réoriente deux ou trois fois. En décembre, sous nos latitudes, divisez par trois.
Nous conseillons de traiter le câble allume-cigare comme un appoint et jamais comme la source principale. Une journée d’été derrière un panneau de 200 W rend autant que six heures de route sur la prise 12 V, et personne ne roule six heures par jour en vacances.
Étape 5 : pesez la station, puis arrimez-la
Une station de 512 Wh pèse 6,1 kg, une station de 2 073 Wh en pèse 24,2. Cette différence se paie en charge utile : sur un camping-car de 3,5 tonnes chargé de deux passagers, d’eau et de vélos, 25 kg ne sont pas anodins.
Le rangement compte autant que le poids. Une station est un bloc dense, à angles vifs, posé dans un habitacle : au freinage, elle part vers l’avant avec toute son inertie. L’article R312-19 du code de la route demande que « toutes précautions utiles » soient prises pour qu’un chargement ne puisse être une cause de dommage ou de danger, et le chargement d’un van commence à l’intérieur.
En pratique : le plus bas possible, contre une cloison, sanglé. Un coffre sous banquette avec une sangle à cliquet fait l’affaire. Une station posée sur un plan de travail ou sur la banquette arrière, non.
Dernier point, souvent découvert en août : un coffre fermé en plein soleil monte au-delà de la plage de charge d’une batterie LiFePO4, que les constructeurs donnent généralement entre 0 et 45 °C. La station se met en sécurité et ne charge plus. Prévoyez une lame d’air, ou sortez-la à l’arrêt.
Le modèle qui correspond à chaque van
Le nombre de jours passés loin d’une prise sépare les trois cas ci-dessous mieux que le budget.
Week-end à deux, un frigo, des téléphones, une recharge à la maison le dimanche soir : 500 Wh suffisent. La RIVER 2 Max pèse 6,1 kg, se recharge entièrement en 60 minutes sur une prise murale, et se glisse sous une banquette sans rien percer.
Trois à quatre jours hors borne, avec un ordinateur et un frigo qui tourne jour et nuit : il faut 1 000 Wh d’étiquette au minimum et une entrée solaire sérieuse. La DELTA 2 accepte 500 W de panneaux et grimpe à 2 048 Wh avec une batterie supplémentaire, pour 12 kg.
Van qui change d’emplacement tous les deux jours, avec une borne ou une aire de service en chemin : la vitesse de recharge compte plus que la capacité. L’AC70 remonte à 80 % en 45 minutes, pèse 10,2 kg et accepte elle aussi une extension.
Reste le contrôle, et il se fait avant de partir. Chargez la station à 100 %, branchez le van comme en voyage, et laissez tourner une nuit complète sur le parking. Au réveil, l’écran affiche un pourcentage : s’il est tombé sous 60 %, votre bilan de l’étape 1 était optimiste, et vous le savez avant d’être à trois cents kilomètres de chez vous.
Questions fréquentes
Peut-on recharger la station sur l'allume-cigare moteur coupé ?
Techniquement oui sur les véhicules dont la prise 12 V reste alimentée contact coupé, ce qui est fréquent sur les prises de cellule d'un camping-car. En pratique c'est le meilleur moyen de vider la batterie de démarrage : la station tire 100 W sans rien surveiller, et une batterie de 70 Ah descend sous le seuil de démarrage en trois heures. Un chargeur d'alternateur, lui, mesure la tension et se coupe avant ce seuil.
Peut-on alimenter le frigo pendant que la station se recharge en roulant ?
Oui, c'est le mode pass-through, présent sur toutes les stations citées ici. La sortie est prioritaire : si le frigo consomme 45 W et que l'entrée voiture en fournit 100, la batterie monte de 55 W seulement. Deux réserves : la charge et la décharge simultanées font travailler l'onduleur et le ventilateur tourne davantage, et certains constructeurs excluent l'usure liée à ce mode de leur garantie de cycles.
Panneau portable ou panneau fixe sur le toit ?
Le panneau portable s'oriente vers le soleil et se pose à l'ombre du van, ce qu'un panneau collé au toit ne fait jamais : à puissance égale il produit davantage entre octobre et mars. Le panneau fixe produit sans que personne s'en occupe, y compris en roulant, mais il perce le toit et il interdit de garer le van à l'ombre. Sur un van qui change d'emplacement tous les deux jours, le portable de 200 W suffit ; au-delà de trois semaines d'affilée en autonomie, le fixe reprend l'avantage.