Station électrique et coupure de courant : combien de Wh pour tenir
Quatre heures, vingt-quatre heures, deux jours : le calcul de la capacité à acheter, appareil par appareil, à partir des consommations réelles plutôt que des puissances affichées.
Pour passer une coupure de courant avec le réfrigérateur, la box et l’éclairage, comptez 420 Wh sur quatre heures et 1 750 Wh sur vingt-quatre. C’est deux à quatre fois moins que ce qu’on lit d’habitude. L’écart vient d’un seul appareil, le réfrigérateur, dont la puissance affichée n’a presque rien à voir avec ce qu’il consomme sur une journée.
Listez ce qui doit rester alimenté, et rien d’autre
La liste tient en cinq lignes chez la plupart des foyers : le réfrigérateur, la box et son répéteur, quelques lampes, la recharge des téléphones, et en hiver l’électronique de la chaudière. Un congélateur s’y ajoute selon ce qu’il contient.
La liste de ce qu’on laisse éteint compte tout autant. Un chauffe-eau électrique consomme 1 300 kWh par an d’après l’ADEME et appelle 2 000 à 3 000 W dès qu’il chauffe : aucune station portable ne le tient, et aucune n’a été conçue pour. Même verdict pour un convecteur, une plaque vitrocéramique ou un sèche-linge. Ils attendront. Le chauffage central au gaz entre dans la liste des appareils alimentables, lui, puisque seuls son circulateur et sa carte électronique tirent du courant.
Un congélateur plein reste froid douze à vingt-quatre heures porte fermée. Si la coupure annoncée dure moins que ça, il sort de la liste.
| Appareil | Puissance quand il tourne | Sur 24 h de coupure |
|---|---|---|
| Réfrigérateur combiné | 100 à 200 W par cycle | 860 Wh |
| Congélateur | 100 à 150 W par cycle | 820 Wh |
| Box internet et répéteur wifi | 16 W en continu | 385 Wh |
| Chaudière gaz murale (circulateur, carte, ventilateur) | 50 à 150 W | 900 Wh en hiver |
| Trois à cinq lampes LED | 24 à 40 W | 200 Wh |
| Recharge de trois téléphones | 15 W | 45 Wh |
| Ordinateur portable, 8 h | 45 W | 360 Wh |
| Téléviseur, 4 h | 110 W | 440 Wh |
Les consommations sur 24 h viennent des moyennes annuelles publiées par l’ADEME pour le parc français, rapportées à la journée. La ligne de la chaudière suppose un circulateur de 75 W qui tourne la moitié du temps : la plaque signalétique de la vôtre donne le chiffre exact.
Un réfrigérateur ne consomme pas 150 W en continu
C’est l’erreur qui fausse presque tous les calculs publiés. On lit la puissance sur la plaque signalétique, on la multiplie par la durée, et on obtient 3 600 Wh pour une journée de froid. Le compresseur ne tourne qu’un tiers du temps. Il refroidit, il s’arrête, il repart quand la température remonte.
L’ADEME mesure la consommation annuelle des appareils de froid dans son suivi du parc français. Un réfrigérateur combiné y pèse 315 kWh par an, un congélateur 300 kWh, un réfrigérateur simple 180 kWh. Ramenés à une journée, cela donne 860 Wh, 820 Wh et 490 Wh. Soit 36 W de moyenne pour un combiné, contre les 150 affichés sur sa plaque. Un facteur quatre.
Votre chiffre à vous se lit sur l’étiquette énergie de l’appareil, qui porte obligatoirement la consommation annuelle. Divisez par 365, multipliez par 1 000 : vous tenez les wattheures d’une journée de coupure.
Multiplier la puissance affichée par la durée ne marche que sur un appareil qui tourne sans s’arrêter : une lampe, une box, un téléviseur. Sur tout ce qui contient un compresseur ou un thermostat, réfrigérateur, congélateur, chaudière, cave à vin, le résultat est trois à quatre fois trop élevé, et il conduit à acheter une station deux fois plus chère que nécessaire.
Ajoutez 15 % de pertes, puis lisez votre total
Une station ne rend pas aux prises 230 V ce qu’elle stocke. La conversion du continu vers l’alternatif coûte de l’ordre de 15 % : sur 2 048 Wh annoncés, environ 1 740 Wh sortent réellement. Divisez donc votre total par 0,85 avant de choisir une capacité.
Sur quelle durée compter, ensuite ? Enedis publie chaque année le temps de coupure moyen par client basse tension : 45 minutes de coupures non planifiées en 2025, auxquelles s’ajoutent 17 minutes d’interventions programmées, pour 0,7 coupure longue par client. La coupure ordinaire se règle donc en moins de quatre heures, et c’est le scénario à couvrir en priorité. Les vingt-quatre et quarante-huit heures appartiennent au registre de la tempête.
| Ce que vous alimentez | 4 h | 24 h | 48 h |
|---|---|---|---|
| Réfrigérateur | 145 Wh | 860 Wh | 1 720 Wh |
| Box et répéteur | 65 Wh | 385 Wh | 770 Wh |
| Éclairage LED | 130 Wh | 200 Wh | 400 Wh |
| Téléphones | 15 Wh | 45 Wh | 90 Wh |
| Besoin aux prises | 355 Wh | 1 490 Wh | 2 980 Wh |
| Capacité à acheter | 420 Wh | 1 750 Wh | 3 500 Wh |
| Capacité à acheter, congélateur branché | 580 Wh | 2 720 Wh | 5 440 Wh |
Sur quatre heures, une station de 512 Wh suffit largement. Sur vingt-quatre heures avec le réfrigérateur branché en permanence, il faut passer à 2 kWh : la BLUETTI Elite 200 V2 et la Jackery Explorer 2000 v2 jouent là. Au-delà de deux jours, une station seule ne suffit plus et il faut un modèle à batteries additionnelles, comme l’EcoFlow DELTA 2 Max qui monte à 6 kWh.
L’inertie du froid vaut une batterie
Un réfrigérateur fermé garde sa température quatre à six heures, un congélateur plein douze à vingt-quatre. C’est la seule optimisation gratuite du lot, et elle se chiffre en wattheures économisés.
Sur une coupure de quatre heures, le froid n’a donc pas besoin de la station. Porte fermée, il s’en sort seul. Restent la box, l’éclairage et les téléphones, soit 210 Wh, que une station de 286 Wh couvre sans effort. Sur vingt-quatre heures, le calcul se déplace vers le congélateur : le laisser fermé et débranché économise 820 Wh, c’est-à-dire très exactement l’écart entre une station de 1 024 Wh et une station de 2 048 Wh. La contrepartie tient en une phrase : chaque ouverture de porte annule une partie du bénéfice.
Regardez la puissance de crête avant la capacité
Un compresseur démarre en appelant trois à sept fois sa puissance nominale, le temps d’une seconde. Un réfrigérateur de 150 W peut donc réclamer 900 W à l’instant où il repart. C’est la puissance de crête de la station qu’il faut lire à ce moment, pas sa puissance continue.
Les modèles de 500 W en continu encaissent 1 000 W en crête. Un réfrigérateur passe. Un réfrigérateur et un congélateur qui repartent au même instant, non. Deuxième piège du même ordre, le micro-ondes : les 800 W inscrits sur la façade sont une puissance de cuisson, et l’appareil en absorbe environ 1 300 au compteur.
Ce qui bloque : la chaudière qui refuse de s’allumer
Une chaudière gaz murale contrôle sa flamme par ionisation : elle mesure un courant minuscule entre l’électrode et le brûleur. Ce contrôle réclame un neutre proche du potentiel de la terre, ce que le réseau assure en permanence et qu’une station portable n’assure pas toujours. Certains modèles, Frisquet en tête, se mettent en sécurité dès que la tension entre neutre et terre dépasse quelques volts, ou quand la phase et le neutre se trouvent inversés dans la prise.
Le résultat sur le terrain : la station fonctionne, la chaudière affiche un code de défaut, et la nuit se passe au froid avec une batterie pleine.
Le test se fait un dimanche après-midi. Branchez la chaudière sur la station, allumez le chauffage, regardez si le brûleur s’allume. En cas de mise en sécurité, retournez la fiche dans la prise et recommencez : l’inversion phase-neutre se corrige comme ça, en cinq secondes. Si le défaut persiste, votre chaudière ne fonctionnera pas sur cette station, et il vaut mieux l’apprendre maintenant qu’au milieu d’une nuit de janvier.
Le mode UPS décide de ce qui redémarre
Une station laissée branchée au mur bascule sur sa batterie quand le réseau tombe. Le délai va de 8 à 30 millisecondes selon les modèles. Les alimentations à découpage, celles d’une box, d’un ordinateur portable ou d’un réfrigérateur récent, encaissent cette micro-coupure sans même que l’appareil s’en aperçoive, ce qui justifie de laisser la station branchée à l’année plutôt que de la sortir du placard au moment où le compteur saute. Un serveur ou un poste de travail peuvent redémarrer, et le manuel de l’EcoFlow DELTA 2 les exclut nommément de sa fonction de secours. Un appareil médical réclame un onduleur en ligne, qui ne coupe jamais.
Un point se vérifie avant l’achat : la puissance qui traverse la station depuis le mur dépasse souvent celle que son onduleur rend sur batterie. La BLUETTI Elite 30 V2 laisse ainsi passer 980 W en bypass pour 600 W en autonomie. Un appareil de 800 W branché dessus tourne parfaitement tant que le réseau est là, et s’arrête à la seconde exacte où vous comptiez sur la station.
En hiver, le solaire prolonge sans recharger
Le service PVGIS de la Commission européenne donne la production attendue partout en Europe. À Paris, 200 Wc de panneaux bien orientés produisent 0,28 kWh par jour en décembre, contre 0,87 kWh en juillet. Un rapport de un à trois.
Quatre cents watts-crête de panneaux portables rendent donc environ 560 Wh lors d’une journée d’hiver dégagée. De quoi couvrir le réfrigérateur et la box de la journée, sans remonter la batterie d’un pouce. Sur une coupure longue en janvier, le solaire allonge l’autonomie d’un tiers environ, et c’est déjà appréciable. La voiture fait mieux : 400 à 500 Wh par heure sur la plupart des modèles, moteur tournant.
Vérifiez avant d’en avoir besoin
Un samedi matin, coupez le disjoncteur général. Branchez sur la station ce qui doit tenir, laissez tourner une heure, et notez de combien le pourcentage a baissé.
Le calcul se fait de tête : 6 % consommés en une heure sur une station de 2 000 Wh, cela fait 120 W de moyenne et seize heures d’autonomie réelle. Ce chiffre-là vaut tous les tableaux, puisqu’il porte sur votre installation et sur votre réfrigérateur à vous. Notre calculateur d’autonomie donne la même estimation à l’avance, appareil par appareil, quand la station n’est pas encore achetée.
860 Whce qu'un réfrigérateur combiné consomme en 24 h, contre 3 600 Wh calculés à la puissance affichée
62 minle temps de coupure moyen d'un client Enedis en 2025, planifié compris
0,28 kWhce que rendent 200 Wc de panneaux à Paris un jour de décembre, contre 0,87 kWh en juillet
Sources
- ADEME, consommation annuelle des appareils ménagers (enquête PANEL/ELECDOM, millésime 2025)
- Enedis, durée moyenne de coupure par client basse tension
- PVGIS, Commission européenne, production photovoltaïque mensuelle
Questions fréquentes
Quelle capacité faut-il pour faire tourner un réfrigérateur pendant 24 heures ?
Environ 1 000 Wh, pertes de conversion comprises. Un réfrigérateur combiné consomme en moyenne 315 kWh par an selon l'ADEME, soit 860 Wh par tranche de vingt-quatre heures, et non les 3 600 Wh que donnerait sa puissance affichée multipliée par la durée. Une station de 1 024 Wh y suffit donc, à condition de ne rien brancher d'autre dessus : l'éclairage, la box et la recharge des téléphones ajoutent 630 Wh sur la journée et font passer le besoin au palier de 2 kWh.
Une station électrique portable peut-elle alimenter toute la maison pendant une coupure ?
Non, et ce n'est pas une question de capacité mais de puissance. Un chauffe-eau électrique ou un convecteur demandent 2 000 à 3 000 W en continu, quand les stations portables les plus puissantes du marché rendent 2 400 à 2 600 W et videraient leur batterie en quarante minutes. Une station couvre le froid alimentaire, l'éclairage, les communications et l'électronique de la chaudière. Le reste attend le retour du réseau.
Peut-on laisser une station électrique branchée en permanence comme onduleur ?
Oui, c'est le mode UPS, et la plupart des modèles récents le proposent. La station reste au mur, laisse passer le courant du réseau vers les appareils et bascule sur sa batterie en 8 à 30 millisecondes quand le compteur saute. Une réserve : la puissance qui traverse depuis le mur dépasse souvent celle que l'onduleur rend sur batterie, si bien qu'un appareil trop gourmand fonctionne tant que le réseau est là et s'arrête net à la coupure.