BLUETTI Elite 200 V2 ou EcoFlow DELTA 2 Max : 2 kWh figés ou 6 kWh possibles
Même capacité à 25 wattheures près et 50 euros d'écart. L'extension tranche : 6 144 Wh possibles chez EcoFlow, 2 073 Wh définitifs chez BLUETTI. Puis un chiffre absent des fiches techniques, la consommation à vide, qui vide la DELTA 2 Max en 56 heures d'attente quand l'Elite 200 V2 en tient 166.
À cinquante euros et vingt-cinq wattheures près, ces deux stations stockent la même chose. Une seule ligne de leur fiche technique les sépare vraiment : la DELTA 2 Max monte à 6 144 Wh en lui ajoutant deux batteries, l’Elite 200 V2 restera à 2 073,6 Wh jusqu’à sa dernière charge.
Tout le reste penche du côté de BLUETTI, et de peu. 2 600 W en sortie contre 2 400, 6 000 cycles annoncés contre 3 000, une entrée solaire de 1 000 W d’un seul tenant quand EcoFlow en demande deux. Prix relevés en septembre 2026 : 1 149 euros contre 1 199, soit 0,55 euro le wattheure contre 0,59.
Un troisième chiffre décide pour qui garde une station en réserve plutôt qu’en service : 9,55 W contre 30,98 W, la consommation de chacune à ne rien faire.
| BLUETTI Elite 200 V2 | EcoFlow DELTA 2 Max | |
|---|---|---|
| Capacité | 2 073,6 Wh, figée | 2 048 Wh, jusqu’à 6 144 Wh |
| Sortie continue | 2 600 W | 2 400 W, 3 100 W en X-Boost |
| Pointe au démarrage | 3 900 W | 4 800 W |
| Prises 230 V | 2, sept sorties en tout | 4, treize sorties en tout |
| Cycles annoncés | plus de 6 000 | 3 000 |
| Recharge secteur à 80 % | 1 h 06 | 53 min, 43 min avec le solaire |
| Entrée solaire | 1 000 W sur une entrée MC4 | 2 × 500 W, deux XT60, deux MPPT |
| Consommation à vide | 9,55 W | 30,98 W |
| Bascule en secours | 15 ms | moins de 30 ms |
| Poids | 24,2 kg | 23 kg |
| Prix relevé | 1 149 € | 1 199 € |
2 073 Wh pour toujours, ou 6 144 Wh un jour
L’extension est le seul choix irréversible de ce comparatif. La DELTA 2 Max accepte jusqu’à deux batteries additionnelles de 2 048 Wh, qui se branchent par un câble et portent la réserve à 4 096 puis 6 144 Wh. L’Elite 200 V2 n’accepte rien : ni module, ni mode batterie externe, ni raccordement à une seconde unité.
Une batterie supplémentaire EcoFlow se relevait en septembre 2026 à 799 euros en promotion, 1 099 hors promotion, pour 2 048 Wh. Le wattheure ajouté revient à 0,39 euro, contre 0,59 pour la station complète. Agrandir coûte moins cher au wattheure que racheter.
L’argument s’arrête à deux limites très concrètes. Une batterie additionnelle ne porte ni onduleur, ni prises, ni écran : elle sert de réservoir, pas de seconde station. Deux stations indépendantes alimentent le van et l’atelier en même temps, une station et son module n’alimentent qu’un seul endroit. Et les 2 400 W de sortie ne bougent pas d’un watt quand la capacité triple.
Regardez votre calendrier plutôt que votre besoin du jour. Si votre consommation tourne autour de 2 kWh depuis deux ans, l’extension est une option que vous paierez sans l’utiliser. Si vous équipez un fourgon par étapes, elle vaut les cinquante euros d’écart à elle seule.
9,55 W contre 30,98 W : ce que chacune brûle à ne rien faire
Les fiches techniques n’en parlent jamais. Une station électrique consomme pour son propre compte, écran allumé, prises ouvertes, rien de branché dessus. BLUETTI publie la comparaison et le test français de l’Elite 200 V2 la relaie : 0,015 W écran éteint contre 3,46 W à l’EcoFlow, 9,55 W prises et écran actifs contre 30,98 W.
Le chiffre vient du constructeur, pas d’un laboratoire indépendant, et nous le prenons pour ce qu’il est. L’arithmétique le corrobore. La même source annonce 94 % de charge restante après une nuit sur la BLUETTI contre 82 % sur l’EcoFlow : ces 18 points perdus valent environ 369 Wh sur 2 048, soit douze heures à 30,98 W.
En jours d’attente, ça donne ceci. Une DELTA 2 Max laissée prête, débranchée du mur, ses prises ouvertes pour qu’un appareil s’y branche sans manipulation, se vide en 56 heures. L’Elite 200 V2, dans la même posture, tient 166 heures. Sept jours contre deux et demi.
Branchée au mur en mode onduleur de secours, la DELTA 2 Max paie cette consommation avec le courant du réseau et non avec sa batterie : le défaut disparaît. Il ne pèse que sur la station oubliée dans un fourgon l’hiver, ou rangée dans un placard en attendant la prochaine tempête. Éteindre les sorties entre deux usages règle d’ailleurs la question sur les deux modèles.
0,55 €/Whl'Elite 200 V2 au prix relevé
0,39 €/Whle wattheure ajouté par une batterie EcoFlow
56 hla DELTA 2 Max en attente, prises ouvertes
166 hl'Elite 200 V2 dans la même posture
2 600 W contre 2 400 W, mais 3 900 contre 4 800 au démarrage
En puissance continue, BLUETTI prend 200 W d’avance. La marge sert moins à brancher un appareil de plus qu’à en garder deux allumés : une plaque à induction de 1 800 W passe sur les deux stations, mais l’Elite 200 V2 garde 800 W pour le réfrigérateur sur sa seconde prise, quand la DELTA 2 Max n’en garde que 600.
Au démarrage, le classement s’inverse. EcoFlow tolère 4 800 W de pointe contre 3 900. Une scie circulaire ou une pompe de puits appellent trois à six fois leur puissance nominale pendant une fraction de seconde, et ces 900 W d’écart décident si le disjoncteur saute. Un moteur qui fait disjoncter la station ne démarre pas du tout.
X-Boost complique le tableau plutôt qu’il ne l’éclaire. La fonction pousse la DELTA 2 Max à 3 100 W en abaissant la tension de sortie, EcoFlow la réserve aux appareils résistifs, chauffage et sèche-cheveux, et elle se désactive dès que la station se recharge. Compter dessus pour un usage quotidien revient à compter sur une porte de secours.
Sur le nombre de sorties, l’écart est franc : quatre prises 230 V et treize sorties utilisables ensemble chez EcoFlow, deux prises et sept sorties chez BLUETTI. Un campement à cinq personnes s’en aperçoit le premier soir.
Les pages américaines annoncent 3 000 W continus pour l’Elite 200 V2 et 3 400 W de X-Boost pour la DELTA 2 Max. Ce sont les modèles 120 V vendus en Amérique du Nord. Les versions 230 V distribuées en France plafonnent à 2 600 W et 3 100 W, et c’est sur ces valeurs que se fait le choix ici.
Le solaire : une entrée de 1 000 W contre deux de 500 W
Les deux annoncent 1 000 W d’entrée solaire maximale. Elles ne se branchent pas du tout pareil.
L’Elite 200 V2 avale ses 1 000 W sur une entrée unique, en MC4, dans une fenêtre de 12 à 60 V. Un panneau portable de 400 W, une chaîne de deux panneaux de 200 W en série : tout arrive au même endroit et la station encaisse. Sa contrepartie est sèche. Cette entrée est aussi celle de l’allume-cigare, donc le solaire et la recharge sur alternateur ne cohabitent pas. Pour un fourgon qui veut charger en roulant puis au bivouac, le câblage se règle avant l’achat.
La DELTA 2 Max passe par deux prises XT60 plafonnées à 500 W chacune, un régulateur MPPT derrière chaque prise. Un panneau unique de 400 W ne dépassera jamais 500 W, et les 1 000 W annoncés supposent deux chaînes séparées. Le montage est plus contraignant à l’achat, plus souple à l’usage : deux MPPT indépendants acceptent deux orientations différentes, un panneau posé au sol plus un panneau sur le toit, et l’ombre portée sur l’un ne fait pas s’effondrer l’autre.
Sur secteur, les deux tirent 2 300 W. L’EcoFlow atteint 80 % en 53 minutes, la BLUETTI en 1 h 06. Et la DELTA 2 Max descend à 43 minutes en cumulant prise murale et panneaux, une combinaison que l’entrée unique de sa rivale rend impossible.
6 000 cycles contre 3 000 : quand ça change quelque chose
BLUETTI annonce plus de 6 000 cycles avant de tomber à 80 % de la capacité d’origine, EcoFlow en annonce 3 000. Les deux sont en LiFePO4 et les deux garantissent cinq ans, sous réserve d’enregistrer le produit chez EcoFlow.
Ramené à des années, l’écart vaut ce que vaut votre rythme. Un cycle complet par jour, c’est huit ans sur la DELTA 2 Max et seize sur l’Elite 200 V2. Trois cycles par semaine, rythme d’un campeur régulier, c’est dix-neuf ans contre trente-huit : les deux chiffres sont aussi théoriques l’un que l’autre, et la station aura rendu l’âme pour d’autres raisons bien avant.
Ce critère ne pèse donc que sur les usages quotidiens. Un fourgon habité à l’année, un arbitrage sur les heures creuses qui vide et remplit la batterie tous les soirs : là, les 3 000 cycles arrivent. Pour trois week-ends par mois, ils n’arriveront jamais, et payer pour eux n’a pas de sens.
Qui prend quoi
L’Elite 200 V2 va au foyer ou au van dont le besoin est stable autour de 2 kWh, et dont la station passe plus de temps à attendre qu’à servir. Les 2 600 W continus laissent de la marge derrière une plaque à induction, la réserve ne fond pas pendant les semaines de rangement, et 6 000 cycles couvrent un usage quotidien sans discussion. Sa fiche complète : notre test de la BLUETTI Elite 200 V2.
La DELTA 2 Max va à l’installation qui grandira, à celui qui démarre des moteurs, et à celui qui a deux emplacements de panneaux à exploiter. Les 4 800 W de pointe, les quatre prises et le passage à 6 144 Wh valent les cinquante euros d’écart et la moitié des cycles. Le détail est dans notre test de l’EcoFlow DELTA 2 Max.
Ni l’une ni l’autre si le prix au wattheure commande : la FOSSiBOT F2400 donne 2 048 Wh et 2 400 W pour nettement moins, au prix d’une marque sans service après-vente français et d’une garantie plus courte. Et si 2 kWh dépassent votre besoin réel, la DELTA 2 rend le même service avec douze kilos de moins à porter. Le calculateur d’autonomie tranche la question en deux minutes sur vos appareils.
Questions fréquentes
Peut-on ajouter une batterie à la BLUETTI Elite 200 V2 ?
Non, et aucun accessoire ne contourne la limite : l'Elite 200 V2 n'accepte ni batterie additionnelle, ni mode batterie externe, ni raccordement à une seconde station. Sa capacité restera celle du premier jour, 2 073,6 Wh. Qui prévoit de dépasser 2 kWh choisit une station conçue extensible dès l'achat, et la DELTA 2 Max en est une : deux modules de 2 048 Wh la portent à 6 144 Wh, sans que les 2 400 W de sortie bougent pour autant.
Laquelle tient le plus longtemps sur un réfrigérateur ?
La DELTA 2 Max, d'un peu moins de 10 %. Les deux fiches constructeur ne mesurent pas le même appareil, donc les durées affichées ne se comparent pas telles quelles. Ce qui se compare, ce sont les wattheures réellement disponibles sur les prises 230 V, une fois retiré ce que l'onduleur et la profondeur de décharge consomment : environ 1 740 Wh sur la DELTA 2 Max contre 1 586 sur l'Elite 200 V2. À appareil identique, l'écart d'autonomie est de cet ordre. Il ne compense pas les 30,98 W que l'EcoFlow brûle pour son propre compte pendant les périodes d'attente.
Laquelle sert le mieux d'onduleur de secours à la maison ?
L'Elite 200 V2, de peu. Elle bascule sur sa batterie en 15 ms contre moins de 30 ms pour la DELTA 2 Max, et les deux passent sous le seuil qui ferait redémarrer une box, un ordinateur ou un congélateur. Ce sont les quatre modes UPS réglables qui font la différence : l'un maintient un niveau de charge choisi, un autre privilégie le solaire, un troisième se cale sur les heures creuses. La DELTA 2 Max reprend l'avantage dès qu'il faut passer une coupure de plus d'une journée, puisque deux batteries additionnelles portent la réserve à 6 144 Wh.